Arguments


Georg Wilhem Friedrich Hegel

Propédeutique philosophique

Traduit de l’allemand et préfacé par Maurice de Gandillac


1963
Collection Arguments , 240 pages
ISBN : 9782707302656
23.50 €


Grâce à cet ouvrage posthume, nous disposons d’un condensé de toute la philosophie hégélienne : logique dialectique, philosophie de nature, moralité et œuvres de l’esprit. Il s’agit d’une initiation à la pensée philosophique, constituée par les cours de philosophie professés par Hegel de 1809 à 1811 aux élèves du lycée de Nuremberg, dont était devenu directeur en 1808. Cet ensemble occupe donc une place centrale entre la Phénoménologie de l’esprit (1807) et la Science de la logique (1812-1816).

‑‑‑‑‑ Table des matières ‑‑‑‑‑

Avant-propos du traducteur

Premier cours (classe élémentaire) :
Doctrine du droit, des devoirs et de la religion
Introduction (§ 1-12). Éclaircissements sur l’Introduction (§ 1-25)

Première subdivision : Doctrine du droit (§ 1). Premier chapitre : Le Droit (§ 2-21) – Deuxième chapitre : La société que constitue l’État (§ 22-31)

Deuxième subdivision : Doctrine des devoirs, ou morale (§ 32-40). I. Devoirs envers soi (§ 41-48) – II. Devoirs familiaux (§ 49-52) – III. Devoirs envers l’État (§ 53-58) – IV. Devoirs envers autrui (§ 59-70)

Troisième subdivision : Doctrine de la religion (§ 71-80)

Deuxième cours (classe moyenne) : Phénoménologie de l’esprit et logique
Première subdivision : Phénoménologie de l’esprit, science de la conscience – Introduction (§ 1-9)
Premier degré : La conscience, absolument parlant (§ 10). A. La conscience sensible (§ 11-12) – B. La perception (§ 13-16) – C. L’entendement (§ 17-21)
Deuxième degré : La conscience de soi (§ 22-24). A. Le désir (§ 25-28) – B. Maîtrise et servitude (§ 29-37) – C. Universalité de la conscience de soi (§ 38-39)
Troisième degré : La raison (§ 40-42)

Deuxième subdivision : Logique – Introduction (§ 1-7)
Première partie : L’être
Première section : Qualité (§ 8). A. Être, néant, devenir (§ 9) – B. Présence (§ 10-15) – C. Être-pour-soi
Deuxième section : Quantité (§ 21-29)
Troisième section : Mesure (§ 30-32)
Deuxième partie : L’essence (§ 33)
Première section : La détermination de l’essence en elle-même (§ 34-39)
Deuxième section : Le phénomène. A. La chose (§ 40-44) – B. Le phénomène (§ 45-48) – C. Le rapport (§ 49-55)
Troisième section : La réalité effective. A. La substance (§ 56-61) – B. La cause (§ 62-65) – C. L’action et réaction réciproques (§ 66-68)
Appendice concernant les antinomies (§ 69-70) I. Antinomie du monde fini ou infini dans le temps et l’espace (§ 71-77) – II. Antinomie de la simplicité ou de la composition des substances (§ 78-80) – III. Antinomie de l’opposition entre la causalité selon des lois naturelles et la liberté (§ 81-84) – IV. [Antinomie de la nécessité et de la fortuité] (§ 85-87)
Troisième partie : Le concept (§ 88-89)
Première section : Le concept (§ 90-100)
Deuxième section : Le but, ou concept téléologique (§ 101-103)
Troisième section : L’idée (§ 104-107)

Troisième cours (classe supérieure) : Doctrine du concept et Encyclopédie philosophique
Première subdivision : Doctrine du concept (§ 1)
Première section : Doctrine du concept. I. Concept (§ 2-10) – II Jugement (§ 11-14). A. Qualité des jugements ou jugements d’inhérence (§ 15-22) – B. Quantité des jugements, ou jugements réflexifs (§ 23-30) – C. Relation entre jugements, ou jugements de nécessité (§ 31-34) – D. Modalité des jugements, ou jugements de relation entre le concept et la réalité présente (§ 35-38} – III. Syllogisme (§ 39-41). A. Syllogismes de qualité, ou d’inhérence (§ 42-47) – B. Syllogismes de quantité ou réflexifs (§ 48-50) – C. Syllogismes de relation (§ 51-55)
Deuxième section : La réalisation du concept (§ 56-65)
Troisième section : Doctrine des idées (§ 66-67). I. Idée de la vie (§ 68-69) – Il. Idée de la connaissance et du bon (§ 70) 1 ) La connaissance (§ 71-79) 2 ) L’obligation morale, ou le bien (§ 80-83). – III. Idée du savoir, ou de la vérité (§ 84-87)

Deuxième subdivision : Encyclopédie philosophique
Introduction (§ 1-11)
Première partie : Logique (§ 12-15)
Première section : Logique ontologique. I. Être. A. Qualité a) Être (§ 16) b) Présence (§ 17-21) c) Modification (§ 22-23) – B. Quantité a) Être-pour-soi (idéalité) (§ 24-27) b) Quantum (§ 28-30) c) Infinité (§ 32) – II. Essence. A. Concept de l’essence (§ 33-35) – B. Proposition (§ 36-41) – C. Fondement et fondé 1) Tout et partie (§ 42) 2) La force et son extériorisation (§ 43-45) 3) Intérieur et extérieur (§ 46-47) – III. Réalité effective (§ 48) 1) Substance (§ 49-50) 2) Cause (§ 51-52) 3) Action et réaction réciproques (§ 53)
Deuxième section : Logique subjective. I. Concept (§ 54-57) – Il. Jugement (§ 58-59) a) Qualité du jugement, ou détermination du prédicat (§ 60) b) Quantité du jugement, ou détermination du sujet (§ 61) c) Relation du jugement, ou détermination de la relation (§ 62-64) – Syllogisme (§ 65-83)
Troisième section : Doctrine des idées (§ 84). 1. Idée de la vie (§ 85-93) – II. Idée de la connaissance (§ 94) – III. Idée absolue, ou le savoir (§ 95)
Deuxième partie : Science de la nature (§ 96-98)
Première section : Mathématique (§ 99-109)
Deuxième section : Physique – I. Mécanique (§ 110-115) – II. Physique de l’inorganique (§ 116-120)
Troisième section : Physique de l’organique (§ 121-126)
Troisième partie : Science de l’esprit (§ 127-128)
Première section : L’esprit dans son concept (§ 129-130). I. Le sentiment (§ 131-132) – II. La représentation (§ 133-134). A. Souvenir (§ 135-144) – B. Imagination (§ 145-154) – C. La mémoire (§ 155-162) – III. La pensée (§ 163) : 1) Entendement (§ 164) 2) Jugement (§ 165-169) 3) Pensée rationnelle (§ 170-172)
Deuxième section : L’esprit pratique (§ 173-180). I. Le droit (§ 181-188) – II. La moralité (§ 189-193) – III. L’État (esprit réel) (§ 194-202)
Troisième section : L’esprit dans sa pure réalisation. I. L’art (§ 203-206) – II. La religion (§ 207) – III. La science (§ 208)

Index – Glossaire

‑‑‑‑‑ Extrait de l’avant-propos de Maurice de Gandillac‑‑‑‑‑


C’est en novembre 1808, à l’âge de trente-huit ans, que Hegel devient directeur du nouveau gymnase de Nuremberg. Tout en prenant très au sérieux ses fonctions administratives (il suffit, pour s’en convaincre, de lire ses discours de distribution de prix et sa correspondance officielle avec l’administration munichoise), le directeur donne personnellement aux grands lycéens des trois dernières classes un enseignement « propédeutique » de philosophie réparti sur trois années. En 1838, sept ans après la mort de Hegel, Rosenkranz retrouvera, à Berlin, les cahiers manuscrits qui contiennent l’ossature de ces trois séries de cours, sous forme de paragraphes numérotés, souvent fort brefs. Des notes marginales indiquent, au crayon, le sens des développements oraux. Mais le professeur lui-même avait recueilli et conservé des notes prises par ses élèves, où l’on peut lire une partie de ces « éclaircissements ». Comme les « reportations » que nous a laissés le Moyen Âge, ces documents précieux n’ont pas en eux-mêmes valeur d’authentiques sténographies et ce qui en reste est loin de recouvrir toute l’étendue de la « Propédeutique ». Heureusement, Hegel les a relus et, à maintes reprises, corrigés, avec le permanent souci, comme dit l’éditeur allemand, d’atteindre au maximum de « brièveté » et de quelque effort d’attention. L’extrême sécheresse de la rédaction, là surtout où aucun « éclaircissement » ne vient en préciser le sens ou l’assortir d exemples, exige, en effet, du lecteur un certain travail personnel que les vulgarisateurs s’efforcent généralement de lui épargner. Nous espérons cependant qu’on accueillera avec faveur la réduction d’un texte qui est moins la « restriction » d’une philosophie à ce qui peut la rendre « accessible » que sa « concentration » à ce que l’auteur lui-même considère comme « essentiel ».
L’enseignement de Hegel au gymnase de Nuremberg se situe dans une des périodes les plus fécondes de sa vie. Après la crise d’« hypocondrie », qui a correspondu pour lui au tournant des deux siècles, l’ancien élève du « Stift » de Tübingen, « privatdozent » à Iena, s’est progressivement écarté de son maître Schelling et il a donné, entre 1801 et 1802, une première ébauche de ce qui sera sa philosophie « totale » (Logique, Métaphysique, Philosophie de la nature, Système de la moralité). Mais, avant que ces fragments ne prissent forme de « système » (d’aucuns diront : avant qu’ils ne se durcissent et peut-être ne se stérilisassent), il a écrit cette Phénoménologie de l’esprit (1807) dont les cours de M. Kojève et les thèses de M. Hyppolite devaient faire en France, il y a un quart de siècle, pour une génération d’abord nourrie dans le mépris brunschvicgien de la « scolastique » hégélienne, la pièce maîtresse et toujours féconde d’un « renouveau », à la lumière duquel, les « œuvres de jeunesse » prirent plus d’importance et apparurent comme des stimulations à repenser Hegel en fonction de Kierkegaard et de Marx.
La Propédeutique est loin de méconnaître le rôle « central » que joue, en un sens, cette « phénoménologie » au cœur même du système. Mais on sera peut-être surpris que, dans des cours destinés à des lycéens, elle se soit déjà dépouillée de plusieurs éléments qui devaient la rendre si suggestive pour les lecteurs du XXe siècle.
Maurice de Gandillac

 

Du même auteur

Voir aussi

Sur Hegel :
* Herbert Marcuse, Raison et révolution. Hegel et la naissance de la théorie sociale (Minuit, 1968).
* Herbert Marcuse, L'Ontologie de Hegel et la théorie de l"historicité (Minuit, 1972).
* Revue Philosophie n°13, numéro spécial, « Hegel » (Minuit, 1986).
* Revue Philosophie n°52, numéro spécial, « Hegel » (Minuit, 1996).




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